Amnusique

Des sons qui restent en tête

mercredi

3

septembre 2014

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Nous étions au Cabaret Vert 2014 (Part. 1/4)

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Report Cabaret Vert part 1

Voilà c’est fini. C’est avec un pincement au coeur et un début de blues que l’on observe les portes du Cabaret Vert se refermer derrière nous. Après 4 jours de concerts, de bières et de cacasses à cul nul, il est temps pour Amnusique de tirer un bilan de ce 10ème anniversaire exceptionnel que nous avaient concocté Julien Sauvage et ses acolytes. Retour sur une édition de tous les records, chargée d’émotions et de joie qui restera gravée à jamais dans les mémoires et dans les cœurs des 94 000 festivaliers présents du jeudi au dimanche.

Premier jour : Silence ça pousse !

Ca y est, c’est le grand jour. Après un an d’attente, il est enfin là. Le Cabaret Vert souffle ses 10 bougies et nous promet de très bonnes choses avec une programmation bien sympa, une ambiance conviviale et des mets locaux à déguster sans modération !

Cette année on ne fait pas les choses à moitié chez Amnusique, on est V.I.P., on a le Pass Média, vous savez, celui qui offre l’accès à tous les endroits du festival, y compris les toilettes des artistes. La veille nous recevions un mail nous indiquant que nous étions cordialement invités le jeudi à 17h30 pour suivre la conférence de presse de Metronomy ainsi que celle de Flume à 18h. C’est donc excités comme des puces que nous nous lançons, à 17h pétantes, à l’assaut de la rue longeant le Lycée Monge, dernière ligne droite avant d’atteindre le Graal : Notre accès média.

« Contrairement à la dernière édition, il y a queue. Et pas qu’un peu. »

Il est 17h, nous sommes enfin devant la première entrée. Après 10 minutes de marche intensive première surprise, – contrairement à la dernière édition – il y a queue. Et pas qu’un peu. On nous annonce plus d’une heure-trente d’attente avant de pouvoir rentrer sur le site. Les festivaliers râlent un peu mais s’offrent des bières pour patienter dans la bonne humeur. L’ambiance du Cabaret Vert c’est aussi en dehors du Square Bayard. Il n’y a pas de frontière à la fraternité.

Crédits photo : © Louise Vayssié.

Bon, comme on vous l’a dit, nous sommes V.I.P. cette année, il nous faut donc un peu moins de 10 minutes pour accéder à nos pass et pour pouvoir pénétrer dans l’enceinte du festival. Pas de fouille à l’entrée pour les Médias, il parait pourtant que la parole est une arme, méfiez-vous. Ca y est, nous sommes sur le site, ALB et son batteur sont à la répète, même pas le temps de prendre une bière que c’est déjà l’heure de la conférence de presse de Metronomy.

« Interview groupée de Metronomy – La salle de conférence du premier étage est bondée, il fait chaud, très chaud, heureusement il y a Cristaline »

Nous nous rendons donc à l’espace média situé entre les deux scènes. La salle de conférence du premier étage est bondée ; il fait chaud, très chaud. Heureusement, il y a Cristaline, elle est si bonne ! L’interview est en anglais, on n’entend absolument rien à cause de la répétition d’ALB mais Chreim parvient à poser une petite question dans ce brouhaha général (ce qui est déjà une grande victoire dans la jeune vie du site Amnusique).

Chreim : « Pouvez-vous nous dire quel est votre meilleur souvenir de concert ? »

Réponse de Joseph Mount : « Hm…Je dirais… Je dirais que c’était à un festival qui s’appelle Field Day en Angleterre ou peut-être à un concert à Lawrence dans le Kansas. »

Échange bref mais intense entre Chreim et le leader du groupe originaire de Totnes. Au bout d’une quinzaine de minutes, la séance d’interview groupée est terminée. Les membres de Metronomy se lèvent, font quelques photos avec les journalistes présents, puis quittent la salle.

IMG_1068Crédits photo : © Amnusique.

C’est maintenant l’heure de la conférence de Flume, avant d’aller découvrir le live du Rémois ALB qui nous avait bluffé avec son album Come on it’s beautiful. Ah non… en fait, l’Australien a annulé la conférence de presse cinq minutes avant qu’elle ne débute. Il ne répondra qu’à une interview filmée par une chaine de télévision. Dommage, nous avions quelques questions a lui poser. Au moins nous allons pouvoir siroter tranquillement notre première bière de ce Cabaret Vert avant de profiter d’ALB. Le festival commence… MAINTENANT.

« ALB – Clément Daquin et Raphaël Jeanne ont confirmé tout le bien que l’on pensait d’eux. »

Crédits photo : © C. Caron – Darkroom.

Scène des illuminations – 18: 30 – ALB : On voulait absolument les voir et c’est maintenant chose faite. Jouer pour l’ouverture d’un festival n’est jamais très facile mais le Rémois et son batteur ont fait le métier pendant près de quarante-cinq minutes. Le live est propre et les tubes s’enchainent avec les fameux Brand New Start, She Said, Never Miss You, jusqu’au magnifique Ashes qui nous avait donné tant de frissons à l’écoute de l’album.

On sent une grande complicité entre les deux membres qui, fait assez rare, jouent en face à face sur scène. Les sourires, rires et regards (et doigt d’honneur, c’est pas bien !) qu’ils échangent en disent long sur leur entente. Le show est d’ailleurs diffusé en direct sur Arte Concert (le niveau sonore est par contre un peu à revoir…), vous pourrez le (re)visionner en replay si vous faisiez partie des malchanceux qui poirotaient encore pour rentrer. Le duo termine sa prestation sur le morceau Golden Chains, « vous la connaissez celle-là ! » et sur Oh! Louise, titre dédié à la fille du chanteur. Tout un symbole.

Ce concert d’ouverture est une réussite, Clément Daquin et Raphaël Jeanne ont confirmé tout le bien que l’on pensait d’eux. Pas de mauvaise surprise, le ALB que l’on avait l’habitude d’écouter dans notre iPod et celui découvert sur scène sont aussi talentueux. Son acolyte batteur, qui l’avait d’ailleurs rejoint après son passage au Cabaret Vert en 2012 avec Yuksek, est quant à lui le gros coup de peps instrumental qui fait toute la différence dans le duo. En bonus, Raphaël nous a offert un solo de batterie complètement improbable sur la musique de Mario, un clin d’œil vraiment sympa pour le public. Idéal pour nous mettre en appétit avant de passer à Metronomy.

(Ndlr : ALB sera en concert à Toulouse en compagnie des Nantais D’Elephanz, le 13 novembre au Connexion)

« Metronomy – Pas suffisant pour combler les attentes que nous portions sur le quatuor. »

Crédits photo : © L. Noblet – Darkroom.

Scène Zanzibar – 19:10 – Metronomy : Le groupe Britanique était l’une des têtes d’affiche qui nous laissait vraiment présager de bonnes choses et pourtant… grosse déception à la clé. La prestation en live de Metronomy est bien pâlotte. Les chants sont parfois faux, les membres du groupe dégagent trop peu d’énergie (d’envie ?) sur scène et le leader semble écraser les autres sous son poids.

Même si les classiques « The Bay » ou « Love Letters » font plaisir à entendre, ce n’est pas suffisant pour combler les attentes que nous portions sur le quatuor. Le solo chant/batterie d’Anna Prior finit d’achever nos oreilles même si l’on peut admettre que l’exercice est difficile. Il va nous falloir une bonne bière pour nous aider à digérer tout ça. Heureusement, notre petit rayon de soleil d’après concert, s’appelle Henry L’Alien. Le jeune extra-terrestre bien connu des festivaliers nous gratifie d’une franche bise qui nous redonne le moral. C’est bientôt au tour de -M- de monter sur la grande scène, ce n’est pas notre style musical de prédilection mais il parait qu’il envoie du lourd en live !

« Le Cabaret Vert – C’est le monde d’Alice au pays des merveilles rempli de stands de bières, de croutes Ardennaises et de cacasse à cul-nul. »

Crédits photo : © Louise Vayssié.

C’est maintenant parti sur la scène des Illuminations pour le concert de Red Fang, groupe de Heavy Metal originaire de Portland. Ce n’est pas tellement notre tasse de thé, c’est donc le moment pour nous d’aller faire un tour au Groin-Groin, de se siroter une tasse de Jeanlain rafraichissante et d’observer les jolis jeux de lumières mis en place cette année.

La décoration du site a été particulièrement bien soignée pour cette édition 2014. Les organisateurs mettent un point d’honneur à rendre le lieu le plus agréable possible, de jour comme de nuit, et c’est vraiment réussi. Fresques, peintures, lumières, sculptures : tout est réuni pour plonger le public dans un univers hors du temps et du quotidien. Le Cabaret Vert c’est le monde d’Alice au pays des merveilles rempli de stands de bières, de croutes Ardennaises et de Cacasse à cul-nul. Et ces 10 ans ne sont pas un non-anniversaire, mon cher.

« -M- s’offre au public comme si c’était sa dernière. »

Crédits photo : © H. Dapremont – Darkroom.

Scène Zanzibar – 21:00 – -M- : Évidemment, comme tout le monde, nous connaissons les classiques de -M- « Mojo », « Onde Sensuelle » ou encore « Qui de nous deux » mais nous n’avions jamais eu l’occasion de voir le Parisien en live jusqu’ici. Le fils de Louis Chedid a la réputation d’être un showman exceptionnel sur scène et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il nous le confirme ce soir sur les planches de Zanzibar !

-M- s’offre au public comme si c’était sa dernière. Bon, c’est vrai, c’était son avant-dernière, mais quand même. Le guitariste dégage une énergie incroyable et communicative qui touche le public venu le voir en nombre, avant d’assister au passage de Placebo un peu plus tard. Même sans être de grands fans des morceaux d‘-M-, on se laisse rapidement et facilement entrainer par ces nombreux airs qu’on a entendus/ré-entendus à la radio et à la télévision. On ne peut que se rendre à l’évidence que sa prestation scénique est exceptionnelle et qu’il n’est jamais dans la réserve. Et quel talent à la gratte ! -M- est une véritable bonne surprise qui vient combler le vide laissé par Metronomy quelques heures auparavant.

« Turbodancing 108 FM – Une initiative déjantée hydratée à la chartreuse. »

Crédits photo : © Louise Vayssié.

Une fois le concert de -M- terminé, il est temps de manger un peu. Nous allons faire au plus simple et au plus classique, le stand de sandwichs (américains) jambon braisé et frites nous tend les bras juste à côté de la grande scène. Alors certes, nous allons sûrement louper Royal Blood mais tant pis, je sens une légère fièvre monter en moi. Il faut que nous nous nourrissions. Est-ce le climat des Ardennes qui s’attaque à mon système immunitaire ? Pourtant nous sommes chanceux, le temps est très correct aujourd’hui.

Revenons à notre jambon braisé. Malgré le monde qui commence à affluer sur le site, le service est plutôt rapide, comme à l’accoutumé et nous sommes rassasiés pour à peu près 5 bayards (5 euros). Seule la portion de frites semble un peu moins fournie que lors de l’édition précédente mais elle convient largement pour combler notre faim. Pendant le repas nos oreilles sont attirées par des sons et des lumières disco, émis non loin du stand de bières « Le Bateau Ivre ».

Intrigués par ces ovni sonores et visuels, nous décidons de nous approcher de ce qui semble être en réalité, une station de radio éphémère, installée dans une Mercedes rose. La Turbodancing, « aussi mobile que débile », diffuse tout au long du festival des informations sur le Cabaret Vert et de la musique à base de rock et de funk sur la station 108FM. Une initiative déjantée hydratée à la chartreuse que vous pourrez retrouver sur leur site internet.

« Placebo – Les organisateurs semblent un peu dépassés par ces 23 000 personnes. »

Crédits photo : © Louise Vayssié.

Notre petit encas englouti, nous assistons au derniers instants du live de Royal Blood. C’est le moment choisi par la horde de festivaliers pour se rendre tous en même temps vers la grande scène pour se délecter du show de Placebo. Bousculades, poussettes et hurlements sont de rigueur. Les organisateurs semblent un peu dépassés par ces 23 000 personnes désirant s’entasser sur la pelouse encore verte du Stade Bayard. Ils ne s’attendaient sans doute pas à un tel succès pour cette première journée. Certainement fatigués par les deux heures d’attente nécessaires pour entrer sur le site du festival, quelques festivaliers s’empressent de déverser leur haine au visage de bénévoles bien impuissants face à cette situation.

C’est un peu la goutte de Chouffe qui fait déborder la chope. Évidemment on retrouvera ces mêmes festivaliers mécontents dans quelques semaines, plongés, avec le sourire, dans ces grandes batailles pleines d’amour que sont les soldes. Allez, c’est vrai que ça a bien poussé mais ce n’est pas un drame non plus. Ce n’est pas comme s’il y avait eu pénurie de bière quand même ! Les organisateurs ont su réagir rapidement pour désengorger le passage entre les deux scènes et éviter tout incident. Action, réaction, une bonne piqure de rappel pour la suite du festival.

« Joey Bada$$ – Le jeune New-Yorkais de 19 ans a déjà tout d’un grand du Hip-Hop »

Crédits photo : © C. Caron – Darkroom.

Scène des Illuminations – 00:10 – Joey Bada$$ : Après avoir observé – de loin – le live de Placebo plutôt sympa (bien qu’un peu répétitif), avec quelques paroles en Français qui font mouche auprès du public (rappelons-le, Brian Molko est Belge), nous nous dirigeons vers la petite scène pour suivre le jeune prodige du Rap Joey Bada$$. Le rappeur avait fait parler de lui au festival de Dour où il avait mis tout le monde d’accord. C’est une nouvelle fois le cas au Cabaret Vert.

Le jeune New-Yorkais de 19 ans a déjà tout d’un grand du Hip-Hop. Chapeau de camouflage hissé sur la tête, Joey Bada$$ impressionne par son aisance scénique et sa voix rauque si particulière. L’Américain est dans son élément, le public est réactif et motivé par son flow ravageur. Jo semble avoir des dizaines d’années de carrière derrière lui, en réalité, il exerce seulement depuis 2010. Un autre Joey avait foulé cette scène des Illuminations il y a deux ans, passablement éméché et titubant, bouteille de rhum à la main. Celui de cette édition 2014 a 27 ans de moins mais 27 fois plus de classe. Sans rancune monsieur Starr.

Il est maintenant 1:10, Joey Bada$$ laisse sa place aux Sud-Africains de Die Antwoord qui vont bientôt commencer leur live, réputé comme étant totalement barré.  Et Flume arrive bientôt lui aussi ! C’est d’ailleurs l’autre point négatif de ce jeudi. L’Australien joue seulement 20 minutes après le début du concert de Die Antwoord. Fromage ou dessert, il va falloir choisir.

« Flume nous met dans le bain en envoyant à la foule tous les titres incontournables qui ont fait son succès. »

Crédits photo : © C. Caron – Darkroom.

Scène des Illuminations – 01:30 – Flume : J’ai horreur du fromage, ce sera donc dessert. Quelques minutes après le début du concert des fêlés de Die Antwoord (Nous leur admettons volontiers leur incroyable débauche d’énergie sur scène mais nous ne sommes pas des plus sensibles à leur univers musical. Il en faut pour tous les goûts après tout, c’est ça la magie de la musique), nous nous dirigeons vers la petite scène pour vivre le set d’un jeune artiste que nous adorons, le DJ Australien Flume. Nous l’attendons au tournant après son faux-bon de fin d’après-midi en conférence de presse. Le vilain garnement a la lourde tâche de clôturer cette première journée de Cabaret Vert.

Malgré le froid qui commence à se faire sentir, les fans du beau gosse Australien sont au rendez-vous. Très vite, Flume nous met dans le bain en envoyant à la foule tous les titres incontournables qui ont fait son succès. Alternant entre Électro et Hip-Hop, les morceaux Drop The Game, On Top, Sleepless ou encore Holdin On sont accompagnés de magnifiques visuels projetés sur l’écran situé derrière l’artiste et par des jeux de lumières époustouflants. Nous en prenons plein les yeux et les oreilles.

« La cerise sur le gâteau et les frissons arrivent pour nous avec le passage de l’incroyable mélodie Insane. »

Globalement le set est plutôt classique mais bien rodé, l’utilisation du Pad de percussion est un vrai plus qui donne un peu de dynamisme à la prestation. La cerise sur le gâteau et les frissons arrivent pour nous avec le passage de l’incroyable mélodie Insane, suivie de sa tout aussi excellente version revisitée par Killer Mike. C’est un bonheur pour les fans que nous sommes mais un véritable supplice pour nos voisins qui subissent nos chants aigus lors des refrains. Ce n’était peut-être pas si faux que cela Metronomy au final…
Flume termine sa prestation par le fameux remix de You & Me de Disclosure que le public reprend en cœur. C’est certainement le « titre » le plus connu de Flume, beaucoup des présents devant les Illuminations ne semblent d’ailleurs connaitre que celui-ci.

Il est 2:30. Jeu, set et match pour Flume qui a réussi à me tenir éveillé malgré ma fièvre de cheval. L’Australien clôture de fort belle manière cette première journée de festival, inaugurée à 18h30 par le duo ALB. Il est temps pour nous de rentrer au QG après avoir ingurgité une dernière bière pour la route, c’est important de ne pas se déshydrater. Pas de détour sur le camping pour ce soir. Demain sera une grosse journée. Au programme : Prodigy, Kavinsky, The Cool Kids, Casseurs Flowters… Bonne nuit et à demain ●

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Publié par : , Catégorie(s) : Analyses, Analyses et reportings, Festivals

Graphiste et illustrateur dans une agence de communication le jour, administrateur et rédacteur web la nuit, Guillaume est le fondateur du site Amnusique.
Sa plus grande fierté ? Il est Carolomacérien. Sa plus grande honte ? Il a possédé (et écouté) l’album de K-Maro durant son adolescence. L’artiste le plus présent de sa playlist ? Très certainement Parov Stelar.

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