Amnusique

Des sons qui restent en tête

mardi

21

août 2018

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Le Cabar’Hiver entre en piste !

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Un skieur, la disparition du Temps des cerises et le rappeur Booba en tête d’affiche, il n’en fallait pas plus pour que le Cabar’hiver alimente, une fois encore, les débats les plus endiablés de ses fans de la première et de la dernière heure. Les organisateurs aiment bien ça. Mettre un bon coup de pied dans la fourmilière de temps en temps pour piquer au vif les vieilles habitudes de ses adeptes. Sans doute un hommage à Rimbaud, le natif de Charleville qu’on ne présente plus. Et si l’objet de la troisième polémique évoquée un peu plus haut eût la bonne idée de laisser sa place aux Shaka Ponk, suite à une sombre histoire qui sentait clairement la poudre (oui, on préfère Puff Daddy), il n’en reste pas moins que ce festival d’irréductibles Gaulois fait toujours autant parler de lui, année après année…

En effet, il est un des rares festivals en France qui réussit le pari de survivre en s’affranchissant au maximum des codes qui régissent les mastodontes en la matière. Réunir près de 100 000 personnes dans les Ardennes durant quatre jours de fête – de musique, de banquets, de beuveries, d’art, de cirque, de cinéma, d’écologie et surtout, de franche camaraderie – n’est pas chose aisée, et pourtant, ça fait 13 ans que ça dure. Alors certes, la programmation musicale n’est pas toujours à la hauteur de nos/vos attentes, mais, il faut bien l’avouer, le Cabaret Vert parvient toujours à nous envoûter à chaque nouvelle édition. Amnusique vous fait un petit tour d’horizon des quelques concerts à ne surtout pas manquer et des innovations qui devraient vous séduire même si, comme nous, vous n’avez aucune affinité avec DJ Snake, Dillon Francis, Damso ou encore Hamza

Jeudi 23/08

Avant de parler musique, nourriture et boisson, il faut commencer par le commencement. La première et grande nouveauté de ce Cabar’Hiver 2018 c’est clairement son changement de monnaie. Finis les Bayards et leurs contrefaçons grossières, faites place, mesdames et messieurs… aux nouveaux Bayards ! En effet, vos devises changent de look cette année. Ils ne seront plus rouges et en matière plastique, mais, en aluminium ! Toujours dans un raisonnement essentiellement écologique, les pièces du festival seront dorénavant entièrement recyclables et réutilisables. Et dans une démarche de promotion du côté local, les organisateurs ont choisi une entreprise Ardennaise pour les produire. Alors, si vous aussi il vous reste 800 Bayards de l’année dernière sous le matelas, n’ayez craintes, vous pourrez toujours les échanger, ainsi que vos contrefaçons achetées avenue St Julien (ou pas) contre de véritables Bayards brillants et scintillants. Voici d’ailleurs, en exclusivité mondiale, le nouveau look de ces nouveaux écus :

Les nouveaux Bayards en aluminium

Après ce bref passage monétaire, il est temps de parler musique. L’année dernière Raspect Crew, Popcorn Party et Bonaventure & Dieumerci (on insiste sur ces derniers qui nous avaient vraiment régalé le dimanche après-midi) avaient chauffé à blanc le Temps des Cerises. Pour cette édition 2018, ces indéboulonnables du Cab’ ouvriront le bal dès 17h30 sur une toute nouvelle scène, pouvant accueillir près de 3000 personnes, appelée la Greenfloor. Ce nouvel espace dédié principalement à la musique électronique (et alimenté en énergies renouvelables) viendra remplacer et enterrer définitivement le Temps des Cerises, véritable repère des teuffeurs invétérés depuis les débuts du festival, qui était en fin de cycle, selon les organisateurs. À 19h30, ce sera alors au tour de Joh Erba, co-programmateur et dj résident du Montreux Jazz café – et possible très bonne surprise de cette édition – qui laissera sa place à Darius, aux alentours de 21h45.

Temps des cerises

Depuis ses débuts au sein du duo Cherokee, le Bordelais de Roche Musique nous propose une électro hautement raffinée (Hot Hands, Espoir, Vanyll, Maliblue…) et des DJ set de très haute voltige. Si vous nous cherchez jeudi entre 21h45 et 23h, pour rien au monde on ne louperait Darius (qu’on a vu, revu, et qu’on reverra chaque fois qu’on en aura l’occasion). Sauf peut-être pour aller découvrir les Australiens de Parcels qui se produisent sur la scène des Illuminations sur la même plage horaire. Hélas, c’est une des grandes frustrations de cette édition.  Qui dit plus de scènes dit plus de concerts qui se jouent en même temps. Donc plus de chances de rater plusieurs de ses artistes favoris. Entre le Bordelais et les révélations de cette année 2018 (Overnight, Hideout, Older, Stumble…) signés chez Kitsuné, le choix s’annonce très difficile…

DariusPhoto : Darius 

 

Il est 23h, on a encore les riffs de Darius – ou de Parcels – en tête … Allez, on est motivés, on est fous, on est prêts à attaquer la piste noire pour la soirée. Et qui de mieux placé pour nous accueillir sur la piste noire qu’Helena Hauff ? Le temps d’un set d’1h30, vous vous croirez dans une rave dans un hangar à Hambourg. Mais, détrompez-vous, vous êtes à Charleville-Mézières, et c’est la techno puissante de l’Allemande, entre l’industrielle et l’acide, qui vous transportera dans cette illusion. Et pour ceux qui préfèrent l’ambiance plus rock et écorchée à celle de nos voisins d’outre-rhin, ils pourront évidemment aller se délecter d’une bonne bière au mythique Groin Groin, tout en profitant du concert des excellents Demob Happy, petite surprise concoctée par Christian Allex, le programmateur du festival, qui se produisent à 22h50 sur la – presque – nouvelle scène Razorback, dont on avait pu apercevoir les prémices l’année dernière.

ParcelsPhoto : Parcels 

 

00h30, le set d’Helena Hauff est terminé, les Demob Happy ont remballé les instruments, mais la soirée ne fait que commencer. Si vous aimez les basses, un conseil, ne quittez pas la Greenfloor. La sensation techno de l’année, notre voisine Belge, Amelie Lens, nous fait l’honneur d’un set d’1h30 de techno très sombre, avec des basses qui pourraient faire fondre la neige.

Après avoir démarré sa carrière de DJ en tant que résidente au Labyrinth Club à Hasselt, Amélie a sorti son 1er EP sur le label italien Lyase Recordings. Depuis, elle a connu un succès fulgurant et plus que mérité, et a travaillé avec les plus grand labels de techno, notamment Drumcode et Second State. Pour l’avoir vue 3 fois en live, on peut vous garantir que chaque battement dans son set sera une avalanche de frissons. Et comme il en faut pour tous les goûts, si la techno commence à vous sortir par les narines et que vous préférez le gros rap US bien gras, votre plan B ce soir-là s’appelle Travis Scott ! Durant une 1h10, sur la scène Zanzibar, le rappeur natif de Houston votre transportera à coup sûr de l’autre côté de l’Atlantique, au pays de l’Oncle Sam.

Amélie LensPhoto : Amélie Lens 

 

Vendredi 24/08

Même si on ne peut s’empêcher d’évoquer très rapidement le groupe Dragon Force – et son bassiste originaire de Charleville – qui se produira à 16h20, pour ce deuxième jour de festival, notre premier rendez-vous musical de l’après-midi se fera clairement devant la grande scène. Celle que l’on nomme Zanzibar, à 18h, pour voir et revoir ces spécialistes de la biture hip-hop que sont les Svinkels. Quelques années après leur unique passage au Cab, les trois rappeurs aux textes plus déjantés qu’engagés s’étaient séparés, certainement pour voir si le vin était plus rouge ailleurs. Fort heureusement, le prince de la vigne en slip qu’est Gérard Baste et ses alcooliques acolytes se sont reformés très récemment, et ce, pour notre plus grand plaisir. Durant 50 courtes minutes, les Svinkels vont sans aucun doute faire sauter vos oreilles et les alcootests. Le rap ubuesque c’est chouette.

SvinkelsPhoto : Svinkels 

 

Avant de passer à la scène de la Greenfloor, qui s’annonce être notre véritable QG cette année, il est fort possible que nous fassions une légère halte pour se désaltérer au Groin Groin, aux alentours de 20h et en profiter pour découvrir, de près ou de loin, Dirty Wolfgang, un groupe de Heavy Rock Belge aux sonorités rappelant celles des mythiques Metallica (toutes proportions gardées évidemment). À 20h30, nous bifurquerons donc sur les bords de Meuse pour se délecter du duo d’électro Suédois Jarami, autre belle surprise sortie du chapeau de Christian Allex. On peut lui reprocher ce que l’on veut sur cette line up 2018 (en demi-teinte selon nous) mais il faut bien l’avouer, le bonhomme réussit souvent à nous dénicher deux ou trois inconnus qui viennent garnir nos playlists par la suite. Jarami en est le parfait exemple. Impossible de ne pas se trémousser à l’écoute de leurs titres houses et grooves Fredonia Drive, Pretty Big House ou Aurora. Qui aurait cru que des Suédois pourraient ramener le soleil dans les Ardennes ?

JaramiPhoto : Jarami 

 

Avant de passer au dilemme de la soirée, nous ferons certainement un nouveau ravitaillement bièresque au Groin Groin et en profiter pour observer Fontaines D.C., un bon petit groupe rock dont le titre Hurricane Laughter a suscité notre curiosité. Il est maintenant près de 22h. NTM ou Agoria ? Joey Starr & Kool Shen ou Sébastien Devaud ? Comment choisir entre un groupe de rap mythique et un virtuose de la musique électronique Française ? Les organisateurs jouent avec nos nerfs. Les deux premiers protagonistes sont aujourd’hui des monuments du hip-hop Français à l’instar d’IAM ou de Booba (nan on déconne). C’est clairement le moment de les voir avant qu’ils ne se séparent de nouveau, décident d’arrêter leur carrière ou bien que Joey Starr nous fasse une overdose de rhum, son pêché mignon. Nous serions fous de ne pas vouloir chantonner avec les deux Parisiens les « Ma Benz », « Laisse pas traîner ton fils » ou « La fièvre » qui ont rythmé notre adolescence.

NTMPhoto : NTM

 

Et de l’autre côté, Agoria a aussi quelques cartouches qui pourraient faire pencher la balance de son côté… Quand on a appris que Daniel Avery avait été contraint d’annuler sa venue, on était très déçus, mais notre déception a été vite écourtée lorsque l’on a appris que l’artiste qui le remplaçait était l’un de nos préférés, Agoria. L’Isérois était destiné à une carrière dans le cinéma, mais sa passion pour la house de Chicago et la techno de Detroit l’ont mené tout droit à un concert de Jeff Mills. Après ce concert, il a décidé de commencer à mixer et à 17 ans, il a joué dans un club en première partie de 2 poids parmi les plus lourds de la musique électronique, Richie Hawtin et Carl Cox. Fondateur du label Infiné, et véritable pionnier de la musique électronique en France, Agoria a participé à la création de l’incontournable festival Nuits Sonores. On croise les doigts pour qu’il nous gratifie de son mythique morceau « Scala« , sans doute l’un de nos plus gros coups de cœur de tous les temps.

AgoriaPhoto : Agoria

 

On vous disait un peu plus haut qu’Agoria était passionné de house de Chicago. Vous auriez aimé aller à Chicago pendant les vacances d’été ? Ne soyez pas trop déçus, le natif de cette ville, the man himself, Felix Da Housecat, la ramène à Charleville-Mézières de 23h30 à 1h du matin. Felix est un pionnier de la nouvelle vague house de Chicago qui a plus de 30 ans d’expériences entre les mains. Qui peut oublier ce riff somptueux de « Don’t You Want Me«  ? Ce morceau de 1993 (qu’il a sorti sous le pseudo Felix) est l’un des premiers de musique électronique que nous avons connu de notre vie. Du haut de ses 46 ans, Felix Stallings Jr. se chargera de vous faire danser et de vous apporter un peu de chaleur en ce vendredi soir où la température prévue serait de 7 degrés.

FelixPhoto : Felix Da Housecat

 

Pour ce qui est de notre fin de soirée, celle-ci se déroulera encore et toujours sur la piste verte, autrement dit la Greenfloor, avec la venue de Contrefaçon, le groupe électro le plus WTF de ce Cabaret Vert. Dans un style à la fois inimitable (un comble pour un groupe qui s’appelle ainsi) et indéterminable, Contrefaçon alterne entre musique électronique planante et douce (Atom) et des morceaux entre acide et techno à vous en faire saigner les oreilles. Avec eux, ce sera certainement quitte ou double. Soit vous aimerez, soit vous détesterez. Contrefaçon s’annonce peut-être comme le nouveau « Salut c’est cool » de 2018.

ContrefaçonPhoto : Contrefaçon

 

Samedi 25/08

Bonne nouvelle, vous pourrez faire la grasse après-midi en ce samedi 24 août. En effet, les premiers groupes intéressants (on a le monopole du bon goût) ne se produisent qu’à partir de 18h10 (et l’entrée en scène de Ron Gallo). Ou alors, faites comme nous, allez vous instruire du côté de l’IDeal, le village du futur. Dans ce lieu d’échange, de débat et de savoir, vous pourrez rencontrer et discuter avec différents intervenants sur les thèmes du « zéro déchet en festival », sur le monde du veganisme (petit conseil, petite astuce, évitez de débarquer avec votre kébab de sanglier d’accord ?) ou encore sur la place des femmes dans le monde du rock et du hip-hop. Bref, il y a de quoi faire.

Square

Les débats vous barbent et vous préférez l’action ? Dans ce cas, vous pourrez incarner Laurent Jalabert sur votre éco-vélo et recharger votre téléphone mobile tout en pédalant. Les détenteurs d’iphone et de leur batterie pourrie apprécieront. Et si vous n’aimez pas les deux roues, rien ne vous empêche d’aller vérifier les termes de la charte de restauration durable en dégustant l’un des nombreux produits 100% locaux sur le site. De la bière en passant par les produits utilisés pour les plats, tout est récolté à moins de 200 km du site du Cabaret Vert. Le marché des producteurs est également de retour cette année avec la possibilité d’acheter de bons fromages, légumes bio ou encore de la charcuterie. Encore une fois, pas de quoi s’ennuyer.

Revenons maintenant à notre programmation. Il est déjà 19h et Arnaud Rebotini rentre en scène. Armé de ses multiples synthés, l’ancien membre de Blackstrobe hypnotisera le plublic de la Greenfloor grâce à son électro électrisante, se rapprochant de la techno et parfois même du rock. La musique du Nancéien séduit autant qu’elle ne fait grincer des dents. Ses sonorités sont aussi sombres que le personnage et sa moustache, récemment césarisés. Pendant ce temps, sur la scène Razorback, ce sont les USA qui sont à l’honneur avec le trio de post-punk Moaning, tout droit venu de Los Angeles.  C’est étonnant mais on ne peut s’empêcher de tendre l’oreille au son des mélodies d’un style musical vers lequel on ne se serait pas tournés habituellement. Bouh, le mot punk ça fait peur, mais Moaning, c’est cool ! Il n’y à qu’à écouter leur titre « Tired » pour s’en convaincre.

Arnaud RebotiniPhoto : Arnaud Rebotini

 

À 20h30, c’est au tour d’un nouvel ovni d’entrer en piste en la personne de Vladimir Cauchemar. Le protégé d’Ed Banger a fait beaucoup parler de lui grâce à son clip du morceau « Aulos », un brin déjanté. Ce type reste un mystère pour nous, il faudra donc le percer pour se faire un avis sur ses performances en live. À l’inverse, ceux que l’on connait bien mieux, ce sont les Français de Phoenix. Le quatuor Versaillais se produira à 22h00 sur la scène Zanzibar et c’est un véritable événement que de voir ce groupe fouler le sol Ardennais. Vous n’avez pas pu passer à côté de leurs tubes inter-planétaires « If I Ever Feel Better« , « Lisztomania », « 1901 » ou encore « Everything Is Everything » qui retentiront pour notre plus grand plaisir aux quatre coins du Square Bayard. Phoenix est certainement LA tête d’affiche qui mettra tout le monde d’accord cette année.

PhoenixPhoto : Phoenix

 

Si vous êtes nostalgiques du set de Felix Da Housecat de la veille, prenez la direction des bords de Meuse à 22h, pour un nouveau voyage vers Chicago. C’est un autre natif et pionnier de la house de cette ville qui pose ses valises à Charleville-Mézières : le légendaire Derrick Carter. Les profils de Felix et Derrick sont très similaires : les deux ont presque le même âge (Derrick a 48 ans, soit 2 ans de plus que Felix), ce sont des pionniers de la house avec plus de 30 ans d’expérience, et ils ont été influencés par le disco des années 70 et 80. Toutefois les deux Américains ont chacun un style qui leur est propre. Si le style de Felix Da Housecat inclut des sonorités de pop synthé et de new wave, Derrick est quant à lui resté fidèle aux sources, et propose les sonorités disco, funk et groove (comme son remix du morceau Love Plus de Truman Industries) qui ont permis d’exporter la house de Chicago à travers le monde entier.

Derrick CarterPhoto : Derrick Carter

 

Après le set de Derrick Carter, il est temps de reprendre l’avion direction Philadelphie pour rejoindre un autre poids lourd de la scène de la musique électronique Américaine en la personne de Josh Wink. Cette fois-ci, on est loin de la house de Chicago et des sonorités disco, funk et groove. Nous avons affaire à un pionnier du milieu des raves US. Après avoir fait du piano et, tenez vous bien … de la clarinette, Joshua Winkelman s’intéresse au DJing à l’adolescence. Au fil des années, il nous a offert quelques pépites comme le psychédélique Don’t Laugh, des morceaux de drum & bass comme Autumn Dayz (sous le pseudo Wink), des morceaux purement acid old school comme Are You There… ou l’incontournable Higher State Of Consciousness et des morceaux d’acid house comme Talking To You ou How’s The Music (sous le pseudo Winx). Aujourd’hui, à 48 ans, il a presque 30 ans d’ancienneté dans le milieu et continue de livrer des sets de house bourrés d’énergie, de tension, et de sonorités acid et drum & bass. Cette soirée de samedi se termine dans la continuité parfaite des deux soirées précédente.

Josh WinkPhoto : Josh Wink

 

Minuit, c’est l’heure de l’entrée sur scène de Booba. En fait non, désolé, c’était trop tentant. On recommence, minuit, c’est l’heure de l’entrée en scène des Shaka Ponk, les singes rockeurs qui viennent remplacer, au pied levé, le rappeur de Boulogne, encore sous les barreaux après son épisode de rixe avec son ami poète Kaaris. On ne va pas se mentir, ce changement de programmation arrange bien notre affaire. Même si Julien Sauvage, le patron du festival, nous avait vanté les mérites de Booba dans quelques interviews, l’idée de voir ce grossier personnage fouler la scène Zanzibar nous donnait clairement la gerbe. On pourra nous exposer n’importe quel argument nous expliquant que le duc est un vrai poète des temps modernes, rien ne pourra nous en convaincre. Son épisode à Orly n’aura fait que mettre de l’eau dans notre bière. Quoi qu’il en soit (parler de lui c’est lui donner de l’importance), la présence des Shaka en ce samedi est un véritable ravissement, même si nous les avons déjà vus maintes et maintes fois. Depuis leur dernier passage au Cabaret Vert, le show des monkeys a, semble-t-il, considérablement évolué. Plus de vidéos, d’hologrammes et de lumières, de quoi nous en mettre plein les mirettes.

Shaka PonkPhoto : Shaka Ponk

 

Il est tard mais on ne rentre toujours pas se coucher. Non, loin de là. On retourne une nouvelle fois en Belgique avec le set de Charlotte de Witte. Charlotte et nous, c’est une grande histoire d’amour. On la suit depuis ses débuts sous le pseudo Raving George, avec lequel elle s’est fait un nom en jouant sur des sonorités mélodiques (You’re Mine (feat. Oscar & The Wolf) ou Alternate) ou parfois agressives (Disperse ou Monoceros). La Belge avait choisi le pseudo Raving George pour cacher son identité et éviter qu’elle ne soit programmée uniquement parce que c’était une femme. Celle-ci voulait que les gens se concentrent sur ce qu’elle sait faire, sur son art, et non sur son identité. En 2015 elle abandonne son ancien nom de scène et décide de revendiquer sa vraie identité et son vrai nom. Avec ce changement d’identité coïncide un changement de style. La Gantoise propose aujourd’hui une techno plus minimale et plus sombre (Closer ou Human Beings), et de l’acid techno dans ses sets. De quoi vous rendre marteau avant de rentrer dormir.

Charlote de wittePhoto : Charlotte de Witte

 

Dimanche 26/08

C’est bien connu, le dimanche au Cabaret Vert c’est le jour du repos. Le jour où les familles et les festivaliers qui n’aiment pas trop l’agitation des précédents viennent profiter des quelques concerts de l’après-midi, des stands de restauration et des diverses animations. C’est aussi le moment de souffler pour ceux qui se sont donnés corps et âme du jeudi au samedi sans jamais connaître le repos. Les années précédentes, il y avait toujours un ou deux groupes sympas à se mettre sous la dent tout en sirotant une bonne limonade allongé dans l’herbe, mais, pour cette édition, l’affiche n’est pas des plus attractives. Groundation, les Negresses Vertes, Stephan Eicher, il n’y a pas de quoi sauter au plafond…  Nous irons tout de même observer Thomas Schoeffler Jr sur la scène Razorback à 21h10 (dont on nous a dit le plus grand bien) et la clôture du festival confiée à Curtis Harding, artiste Soul et Funk, de 22h à 23h10 sur la scène des Illuminations.

Curtis HardingPhoto : Curtis Harding

 

Ne profiterions-nous pas de cette après-midi plus calme pour faire un petit tour au Temps des Freaks, à l’Espace BD ou du côté du camping du dormeur du val ? D’ailleurs, vous ne remarquez rien de différent sur ce dernier ? Vous êtes sûrs ? Bingo ! Il y a beaucoup plus d’arbres cette année sur l’étendue du camping. En effet, l’une des grandes nouveautés de cette édition 2018 c’est le lancement d’une opération de crowfounding visant à reboiser le camping du dormeur du val et son ancien verger Dauchy. Grâce à vous et à « Adopte un arbre », c’est entre 50 et 100 arbres qui ont été replantés sur cette place forte des afters du Cabaret Vert. Et en parlant d’afters, on ne pouvait pas se quitter sans évoquer les folles soirées vécues entre les centaines de tentes Quechuas qui devrait être décuplées durant ces quatre jours grâce à un tout nouveau soundsystem alimenté à l’énergie solaire. Les heures de sommeil devraient encore diminuer cette année.

Pour conclure, malgré une programmation qui semble être en deçà des éditions précédentes (peut-être un peu trop pointue et moins abordable), le Cabar’Hiver essaye pourtant de se renouveler en tentant d’instaurer de nouvelles idées, de nouvelles scènes et de nouveaux espaces. Le festival évolue, se modernise tout en respectant ses principes de base. Rendez-vous dans quelques jours pour tirer les premiers bilans de ce Cabaret Vert 2018 et voir si les organisateurs ont su une nouvelle fois nous ravir. Rendez-vous sur www.cabaretvert.com pour découvrir toutes la programmation.

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Publié par : , Catégorie(s) : Analyses, Festivals

Ingénieur de production, Chreim a 2 passions dans la vie : le bacon cru et le bacon cuit. La musique aussi. De ce côté, il est éclectique. Après un parcours classique Backstreet Boys -> Rap/Hip Hop/R&B -> Rock -> musique électronique, aujourd’hui il écoute de tout, surtout du hip hop et de la tech house. Il aime : mixer aux soirées entre potes, Traktor, Ableton. Il n’aime pas : les hauteurs, les reptiles, l’EDM.

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